4 quadrants figurent dans le conditionnement opérant. Le renforcement est quelque chose qui, lorsque jumelé avec une action de la part de l’animal, augmente la probabilité que cette action se reproduira. Une punition, appariée avec une action, en diminue la probabilité ; mais sans timing exact, il n’y a aucun espoir de décourager le comportement et il s’agit simplement d’abus.
Le renforcement positif se produit lorsqu’on ajoute quelque chose pour pointer l’action que l’on veut renforcer. Lorsqu’on ajoute quelque chose que l’animal n’aimera pas, comme punition, c’est de la punition positive, tandis que c’est de la punition négative lorsqu’on enlève ou on refuse quelque chose, pour souligner le comportement indésirable ainsi puni. Pour faire du renforcement négatif, on doit enlever quelque chose que l’animal n’aimera pas dans ces circonstances. Donc, les termes “positif” et “négatif” indiquent soit un ajout ou un retrait, et non l’impression donnée (le “positif,” ce n’est pas toujours une récompense !) Vous trouverez parfois qu’une récompense peut devenir une punition dans un autre instance. Par exemple, il y a bien des chiens qui adorent l’affection sur le divan à la maison, mais les flatter en pleine promenade devient effectivement une punition positive.
On obtient un niveau supérieur et une meilleure qualité d’obéissance en favorisant le renforcement positif et la punition négative. En premier lieu, c’est parce que les choses que les chiens aiment sont beaucoup plus motivantes que les choses qu’ils n’aiment pas. En général, les chiens comme les humains ne travaillent pas avec le but de s’épargner d’une punition ; il doit y avoir un motif positif.
Lorsqu’on provoque ou on laisse se dérouler un comportement pour pouvoir le punir avec un élément aversif, on créé un véritable conflit pour le chien. Il veut le faire, mais il ne veut pas être puni. En une seule session, son désir de ne pas souffrir davantage dépassera éventuellement ses autres envies, mais sans qu’on ne s’y adresse, la motivation originale de ce comportement (que l’on punit) ne change pas, donc il est susceptible de se reproduire. C’est pour ça que les punitions ne fonctionnent pas très bien dans un contexte d’apprentissage, et les chiens sont toujours en contexte d’apprentissage. On les voit parfois même s’armer de courage en prévision d’une punition, et malgré tout, le comportement “corrigeable” ne s’extirpe pas. On a tendance à se concentrer sur l’aspect punitif, sans considérer à quel point le comportement se renforce lui-même. La punition aversive créé aussi des associations négatives (avec le maître et/ou l’objet utilisé, par exemple un papier journal enroulé ou un vaporisateur) qui peuvent avoir des répercussions très graves dans une situation où le chien se sent menacé.
Pourtant, c’est relativement facile d’utiliser un comportement incompatible. On demande au chien de faire autre chose à la place, et avec un peu de pratique il apprend à privilégier l’action plus payante, celle qui a été renforcée par voie de conditionnement opérant. Même en utilisant la punition négative, aussi connue comme étant une suspension ou un refus de récompense (“j’avais des bonbons pour toi, mais tant pis!”) il est très utile de suivre immédiatement avec une demande faisable, que le chien connaît, et de la renforcer. Le modèle demande-action-récompense est de loin le plus efficace.
Nous parlons ici de théorie d’apprentissage de base. Ce que je viens de décrire fait partie de la science du comportement fondamentale, documentée depuis des décennies. C’est de valeur que cette information ne s’écoule que par gouttes vers le public. Pauvres chiens!
Un autre aspect important des techniques répulsives et du “dressage” par compulsion, c’est la relativité. Si vous ne levez jamais la voix, croyez-moi que votre chien sera très surpris et beaucoup plus disposé de vous porter attention lorsque vous crierez DANGER! De même, si vous donnez un coup de laisse à toutes les 5 secondes parce que votre chien tire, vous verrez que vous devez le faire de plus en plus fort pour avoir un effet quelconque. C’est un des pires problèmes que je vis en travaillant en bénévolat avec des chiens. Chaque bénévole se donne la responsabilité “d’éduquer” les chiens à coup de laisse ou en disant “HEY !” mais après un certain temps seulement les efforts les plus puissants, ou les voix les plus graves, arrivent à avoir un effet. En plus, la majorité de ces chiens ne possède aucun bagage d’entraînement, donc ils ne savent pas que la punition vise un comportement particulier. Je trouve qu’ils n’apprennent pas à éviter une correction autant qu’à s’en attendre. On insiste que le chien nous écoute, mais on lui donne très peu d’information utile. Cela augmente souvent le niveau d’excitation et d’anxiété de l’animal.
Les activités d’enrichissement, les récompenses pour un travail bien fait, les jeux, le shaping et le feedback nuancé donnent de bien meilleurs résultats que les claques, les tapes, les pincées, le “touch,” les vaporisateurs et l’intimidation, dans toutes les instances. C’est apparent en observant les chiens de secourisme ou les athlètes canins. Alors, si les punitions aversives ne sont pas appropriées pour les chiens timides, les chiens peureux, les chiens réactifs ni les chiens de travail, pourquoi les utiliser avec votre chien?
C’est vrai, de temps en temps je m’impatiente, je manque de créativité, je tire sur la laisse ou encore, sans penser, je dis “non!!” au lieu de rediriger mon chien avec un commandement alternatif. Cela ne veut pas dire que ce sont des techniques de dressage valables, ou que les maîtres-chien de la vieille école doivent s’empresser de les défendre. Tout comme la science du comportement, la politesse et les bonnes manières sont des choses qui s’apprennent. Donnons l’exemple!

la communication à deux sens 18 mai 2010
Tags: attitude, dressage, exercice, jeu, jeux, leadership, méthode douce, motivation, politesse, social
Quelques éléments pertinents quant au bon fonctionnement de la relation entre un humain et un chien:
1- la personne arrive à comprendre l’animal
Je vois souvent des gens promener leur chien avec un petit mini bout de laisse court-court-court-serré-serré-serré. Le chien n’a pas suffisamment de jeu pour sentir le sol ou même de se tourner la tête pour regarder autour ou en arrière. Ils essaient peut-être de faire preuve de discipline–je l’ai déjà fait moi-même–on ne peut pas arrêter à chaque arbre ! Par contre, une telle promenade ne sert pas à grand chose. Le mouvement, et ainsi l’expérience du chien, sont trop limités pour qu’il apprenne réellement la discipline. En plus ça donne mal au bras après un certain temps.
Si vous vous donnez la peine de comprendre votre compagnon, vous devez prendre connaissance de la manière dont les chiens apprennent. Ils ne peuvent pas apprendre à se retenir si chacun tire de son bord sans arrêt et sans conséquence. Sans laisse, un chien n’apprendra pas non plus par magie à revenir ou à lâcher un objet.
2- l’animal comprend la volonté de l’humain
Je n’ai pas l’impression que les gens aient des attentes très raisonnables envers les chiens; on exige qu’ils sachent comment se comporter sans les dresser comme il faut et on les punit quand ils nous embarrassent parce qu’ils ne sont pas bien dressés. Depuis que j’habite dans un quartier avec énormément de chiens, j’en ai peut-être croisé un ou deux (sur des centaines) qui connaissent les cinq commandements de base: asseoir, coucher, rester, lâcher prise et revenir; le minimum pour éviter les ennuis, les blessures, ou pire. C’est déplorable.
3- le chien est prêt à suivre et obéir
L’éducation et la communication renforcent le lien entre chien et maître, encore plus lorsque c’est fait de façon amicale et amusante. On retient davantage son attention avec les yeux, la posture, les mouvements et les expressions faciales aisés et modérés.
Lorsque vous décidez de prendre en main votre chien, il ne laissera pas nécessairement tomber sur le coup tout ce qu’il aime, que ce soit la chasse aux écureuils ou les odeurs d’ordures des voisins. Par contre, ce n’est pas si difficile de lui donner ce dont il a besoin pour développer ses capacités canines et prospérer. En trois ans je crois avoir réussi à faire quelque chose de bien avec mon chien de refuge: elle travaille maintenant en milieu de zoothérapie avec des jeunes deux fois par semaine, elle nous accompagne en transport collectif, et ça fait des mois qu’elle ne s’est pas battue avec un autre chien. Mais c’est parce que je m’en occupe: je lui donne mon attention, des activités stimulantes et du feedback pour s’améliorer à tous les jours, et je préviens les accidents en supervisant constamment nos alentours et en communiquant avec clarté. Ça prend un peu de dynamisme, mais ce n’est pas ardu ni chronophage. Autrement, pourquoi avoir un chien?
Les sorties au parc sont beaucoup plus agréables et valorisantes quand on peut jouer ensemble et montrer des beaux tours aux enfants, plutôt que de veger, d’ennuyer les autres ou de rester seuls dans notre coin avec les bras et la laisse tendus, en train de crier. Nous méritons tous plus que cela.